Sacrifices – Pierre Lemaitre

Troisième tome de la trilogie Verhoeven, Sacrifices est celui que j’ai le moins aimé. Il commence très fort avec le braquage d’une bijouterie, la victime qui s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment, qui n’est autre que la petite amie du commandant Verhoeven, l’enchaînement de l’action, bref, du lourd dès les premières pages. Malheureusement, l’action retombe vite et le rythme m’a semblé moins soutenu que d’habitude. L’enquête est axée sur retrouver l’auteur du braquage, et comme toujours avec Lemaitre, on a un rebondissement final qui balaye toutes nos théories. Sans dévoiler la fin, je l’ai trouvé un peu tirée par les cheveux et assez vite expédiée dans les explications données ce que j’ai trouvé assez dommage. Alors pour résumer, ça reste un bon thriller, mais il est légèrement décevant par rapport aux autres livres du même genre de l’auteur.

La vie devant soi – Romain Gary

Suite à la sortie du film du même nom sur Netflix et à sa visualisation, je me suis lancée dans la lecture de La vie devant soi de Romain Gary. C’est mon premier livre de l’auteur malgré sa renommée qui n’est plus à faire, et mon ressenti est globalement bon. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire à cause du style de l’écriture : c’est Momo, petit garçon de dix ans (quatorze en réalité) qui nous raconte sa vie aux côtés de Madame Rosa. On suit donc ses aventures qui au début sont assez décousues les unes des autres, même si au bout d’un moment on finit par remettre les choses en ordre, et que le récit finit par reprendre une tournure plus chronologique. Momo est un enfant qui a été confié bébé à Madame Rosa, une ancienne pute reconvertie en nounou. Elle accueille chez elle, aussi bien des enfants de l’assistance publique que des enfants d’autres putes qui n’ont d’autre choix que de les lui confier. Si certains enfants se font adoptés ou retournent auprès de leurs parents, Momo n’a pas cette chance. Au fil des années, un lien se créer entre lui et Madame Rosa. Madame Rosa qui ne va plus très bien. Madame Rosa qui est juive et qui a connu les camps de concentration. Madame Rosa qui n’arrive plus à monter les six étages à cause de son poids. Madame Rosa qui perd ses cheveux. Madame Rosa qui devient sénile, dont les organes lâchent et qui a de plus en plus d’absences. Madame Rosa qui ne veut pas être enfermée dans un hôpital pour y finir ses jours. Madame Rosa qui veut mourir naturellement plutôt que d’être gardée à l’état de légume. Madame Rosa qui fait promettre à Momo qu’ils ne l’emporteront pas. Momo qui la cachera dans son « trou juif » qu’est l’une des caves de l’immeuble aménagée par Madame Rosa des années avant au cas où Ils reviendraient la chercher.

J’ai trouvé le lien entre Momo et Madame Rosa assez fort : si elle a pris soin de lui toutes ses années sans jamais se substituer à une mère, c’est lui qui prendra soin d’elle lorsque sa santé commencera à décliner et s’en occupera comme d’une enfant. Confronté à des réalités d’adulte, Momo n’a pas vraiment d’enfance. L’écriture est assez brute et n’entraine pas au pathos même si la fin du livre a failli m’arracher une larme. Une bonne lecture donc.

Travail soigné – Pierre Lemaitre

Je viens d’achever la lecture de Travail soigné de Pierre Lemaitre. J’avais déjà eu l’occasion de découvrir le commandant Verhoeven en lisant Alex, ignorant à l’époque qu’il s’agissait de plusieurs romans. Pour palier mon retard, j’ai donc opté pour la lecture des premières aventures de Verhoeven et je n’ai pas été déçue. On entre directement dans l’enquête avec la découverte d’un double meurtre de prostituées coupées en deux et les corps meurtris de sévices inimaginables. La trace d’une emprunte permet de relier ce crime à un autre tout aussi sanglant commis quelques années plus tôt à Trembay. Rapidement, le commande Verhoeven comprend que le meurtrier met en scène des crimes de la littérature policière :  American Psycho pour le double meurtre, et Le Dahlia Noir pour le crime de Tremblay. L’équipe du commandant se lance alors dans la recherche de tous les crimes non résolus qui pourraient être liés à la littérature.

Un livre entraînant et une enquête dans laquelle on est immédiatement happé. Le tout est écrit de manière simple mais le suspense est bien dosé pour nous donner envie de poursuivre notre lecture. Une bonne lecture donc, et un roman qui se dévore en quelques soirées – enfin, chacun son rythme de lecture. Je recommande !

Dead Zone – Stephen King

Ça faisait un petit bout de temps que je n’avais pas lu du Stephen King, je me suis donc lancée dans Dead Zone, et hélas, j’ai été assez déçue de ma lecture. Pourtant, j’ai eu un énorme coup de cœur pour la version cinématographique de Cronenberg. Contrairement au film, le livre peine à trouver son rythme : durant tout le roman, je suis restée en attente du commencement de l’action sans que ça n’arrive jamais.

L’histoire est celle de John Smith, un professeur qui suite à un accident se retrouve dans le coma pendant 4 ans, et qui, à son réveil, est doté d’un pouvoir : il voit l’avenir en touchant les gens ou les objets. Septiques, les gens autour de lui doutent de ses prémonitions. La plus inquiétante de ses prémonitions survient lorsqu’il rencontre Greg Stillson, candidat à la Chambre des représentants, et lui serre la main. Il a alors une vision apocalyptique de l’avenir : Stillson devient président des Etats-Unis et s’apprête à déclencher la prochaine guerre mondiale. Apparaît alors un dilemme moral : la vie de millions de personnes vaut-elle la vie d’un seul homme ? Sera-t-il capable de tuer cet homme pour sauver l’humanité ? Peu à peu, l’idée d’empêcher Stillson de nuire devient une obsession pour John.

Comme énoncé précédemment, bien qu’il se passe des choses, on attend sans cesse que l’action commence réellement, que le fil conducteur ou le suspense se lance. A certains moments, l’action semble commencer, puis la tension redescend comme un soufflet pour enchaîner sur une nouvelle longueur. Pas un coup de cœur en somme, et même une petite déception car je m’attendais à être en haleine de A à Z. Le concept des prémonitions aurait pu être beaucoup mieux exploité selon moi. Après, ce ne fut pas non plus une lecture ennuyeuse, mais si vous n’avez jamais lu du Stephen King, ne commencez pas par ce roman.

Le lecteur de cadavres – Antonio Garrido

Quelle belle découverte que Le lecteur de cadavres ! Typiquement, il s’agit ici d’un livre que je n’aurais jamais découvert sans le club de lecture car les romans ayant attrait à la culture me font un peu peur. Heureusement, le style de l’auteur est très accessible, et on est rapidement plongé au cœur de la vie de Ci Song, un jeune homme modeste vivant au temps de la Chine impériale du XIIIe siècle. L’auteur, Antonio Garrido, est espagnol et a fait de nombreuses recherches pour donner à ce roman toute sa puissance et sa véracité historique. Si au début on peut avoir l’impression que l’histoire a du mal à se mettre en route, qu’on s’attarde longuement sur la vie personnel de Ci, on s’aperçoit plus tardivement que chaque étape était essentielle au bon déroulement de l’intrigue, car oui, ce roman est une intrigue policière.

Reprenons donc, nous rencontrons Ci qui est de retour dans son village natal avec l’ensemble de sa famille. Toute la famille est hébergée par son frère aîné, et Ci doit aider aux récoltes. Il se souvient avec nostalgie des temps peu lointain où sa famille vivait à Lin’an, et où il étudiait à l’université tout en travaillant comme assistant aux côtés du juge Feng à l’investigation de crimes et de litiges. C’est suite à la mort de son grand-père que son père avait décidé de quitter subitement son poste à l’administration de Lin’an, forçant sa famille à retourner au village.

C’est en travaillant à rizière de son frère que Ci découvre un cadavre. Dès lors, les choses vont s’accélérer et se gâter pour le jeune homme. Le juge Feng vient lui rendre visite, et accepte de l’aider à résoudre le crime. Malheureusement, pour Ci et sa famille, son frère est accusé coupable et avoue suite à de nombreuses tortures. Le basculement commence pour Ci. Peu de temps après, leur maison brûle et ses parents périssent. Seule sa jeune sœur malade survit. Sans argent, le jeune homme quitte la ville avec sa sœur sous le bras pour retourner à Lin’an. Sans le sous, il sera amené à faire des choix qui le conduiront à devenir fossoyeur dans « les champs de la mort ». Remarqué pour ses talents dans l’élucidation des causes de décès, il est accepté à l’Académie Ming. Assidu et acharné de travail, sa renommée l’amène à enquêter sur une série d’assassinats pour le compte de l’Empereur.

Comme déjà expliqué, l’enquête met du temps à se mettre en place, mais les choses s’accélèrent lors des 300 dernières pages du roman. L’intrigue est brillamment menée et on ne s’ennuie pas au long de notre lecture. Ayant hautement apprécié ce livre, je pense me laisser tenter par d’autres romans de cet auteur.

L’Alchimiste – Paulo Coelho

J’ai reçu L’Alchimiste de Paulo Coelho à Noël, accompagné d’une bonne critique de ce conte philosophique. Malheureusement, je n’ai pas adhéré à sa lecture. L’histoire est celle de Santiago, un berger andalou qui par à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Tout au long de sa quête, il rencontrera des personnes et vivra des événements qui le pousseront à écouter son cœur et à ne jamais renoncer à son rêve malgré l’adversité. Si l’histoire et le thème sont pourvus de bonnes intentions, je reproche à ce conte sa lenteur et l’absence d’identification au personnage principal. Tout au long de cette lecture, j’ai ressenti une forme de lenteur, comme si on avançait doucement le long de la quête. Idem, tous les personnages sont secondaires hormis Santiago, ce qui fait que le seul auquel on pourrait s’identifier, c’est ce berger, or le style de l’écriture fait qu’on a du mal à s’approprier ses émotions. En somme, cette lecture ne m’a pas transcendé même si le thème fait du bien en ces temps difficile : toujours suivre le chemin qui nous plait car seul nous avons la clé pour trouver notre bonheur.

Diamond Painting

Confinement oblige, il a fallu s’adapter et trouver de nouvelles activités à faire en intérieur pour s’occuper. Personnellement, je me suis tournée vers le Diamond Painting, une activité manuelle qui consiste à créer des tableaux en relief en collant des petits strass colorés sur une toile auto-adhésive. Une toile demande plusieurs heures de « travail » et de concentration, et aussi étonnant que cela puisse paraitre, aide à vous vider la tête. Pas mal donc pour vous relaxer après une journée de travail.

Dans mes yeux -Amanda Sthers & Johnny Hallyday

Quel joli titre que Dans mes yeux ! On pourrait croire à un beau roman d’amour ou à une belle histoire de vie pleine de profondeur et de richesse qui nous transcende. Que nenni ! Nous sommes ici face à la biographie du célébrissime Johnny Hallyday.  Alors pour tout avouer, je n’ai jamais été une fan inconditionnelle de Johnny. J’aime certaines de ses chansons datant des années yéyés, soit environ cinq morceaux, et ça s’arrête là. Manque de chance, ou plutôt club de lecture oblige, j’ai du me plonger dans sa biographie qui, désolée de le dire, est assez pauvre. Déjà, 146 pages : on est d’accord, c’est court (bon ok, tant mieux). Le problème, c’est qu’on ne découvre rien de plus que ce qu’on a déjà découvert en regardant l’un des multiples reportages télé qu’on a vu sur la vie de l’artiste. Son enfance, son père qui l’abandonne, son éducation faite par sa tante, ses débuts de chanteur, son mariage avec Sylvie, puis Nathalie (quoi que ma mémoire me joue des tours, ont-ils été mariés ?), puis enfin Laëtitia, ses doutes en tant qu’artiste, sa vie de patachon, tout y passe sans pour au tant rentrer dans les détails et nous toucher. Pour résumer, une biographie qui se lit rapidement mais qui ne m’aura pas marqué.

L’homme qui pleure de rire – Beigbeder

Tout premier livre que je lis de Beigbeder et pour tout avouer, il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Pour résumer, ce livre raconte comment Octave Parango se fait virer de Radio France suite à une chronique non préparée et ratée en directe. Tout au long de la narration qui se fait à la première personne, on suit les élucubrations de ce personnage et c’est fastidieux. J’ai jugé un tier du roman digne d’intérêt : les passages où il critique le monde de la radio et plus spécifiquement sa satire de l’humour qui démontre que dans notre société ça devient une forme de dictature. Les deux tiers restants sont sans intérêts : Octave nous raconte sa jeunesse, ses folles soirées, un monde révolu fait de fêtes et décadence.

Des yeux de soie – Françoise Sagan

Après une longue pause dans mes articles, qui s’est conjuguée à une longue pause dans mes lectures, je publie enfin un article sur le livre qui m’a fait arrêté de lire pendant une période de plusieurs mois. Ce livre, c’est Des yeux de soie de Françoise Sagan. Vous l’aurez compris à mes critiques précédente des livres que j’ai lu d’elle, j’aime ce qu’elle écrit sauf que, je n’ai pas du tout accroché à celui-là. Il est composé de dix-neuf petites histoires sur les relations amoureuses : ruptures, relations qui se fanent, mensonges, etc. Peut-être les histoires étaient elles trop courtes, peut-être les personnages n’étaient-ils pas assez développé, toujours est-il que je dois me souvenir de maximum deux histoires, et qu’avancer fut assez fastidieux bien que le nombre de pages soit assez limités. Un roman que je ne recommande donc pas.