La Bête et la Belle – Thierry Jonquet

Décidément, deuxième roman de Thierry Jonquet dans lequel je m’aventure et encore une belle découverte littéraire. Très court, La Bête et la Belle est superbement bien mené. L’écriture, qui alterne des points de vue différents lors d’une enquête cherchant à déterminer la culpabilité d’un homme sur différents meurtres, peu être déroutante au début mais le lecteur fini par s’y habituer. La désignation des personnages est également déroutante car nous avons Le Coupable, La Vieille, Irène, etc. Certains ont un prénom, d’autres une appellation, mais heureusement, leur nombre limité permet de rapidement les discerner.

Côté quatrième de couverture, ça donne ça :

« Léon est vieux. Très vieux. Léon est moche. Très moche. Léon est sale. Vraiment très sale ! Léon se tient très mal à table. C’est dans sa nature… C’est triste ? Non : Léon a enfin trouvé un ami, un vrai de vrai ! Seulement voilà, le copain en question est un peu dérangé. Parfois dangereusement. Mais Léon est indulgent envers ses amis. Pas vous ? »

Pas très éloquent comme résumé et pourtant, lorsqu’on achève le livre, il prend rapidement tout son sens car la fin est surprenante et permet de comprendre certaines interrogations. Encore une bonne lecture que je recommande.

Une putain d’histoire – Bernard Minier

Bernard Minier est un auteur qui m’a souvent tenté mais pour lequel je n’avais encore jamais sauté le pas. C’est maintenant chose faite puisque je me suis lancée dans Une putain d’histoire et je n’ai pas été déçue. Un thriller page turner comme je les aime, une intrigue bien ficelée, et surtout un plot twist de fin qui m’a fait remettre en question mes talents de détective amatrice. L’intrigue se déroule sur l’île de Glass Island où tout le monde connait tout le monde. Rien ne s’y passe jusqu’à ce que Naomie soit retrouvée morte. Henry, son petit ami de 17 ans se retrouve rapidement soupçonné par la police, et afin de faire la lumière sur ce meurtre, décide d’enquêter de son côté à l’aide de ses amis. Rapidement, il découvre que l’île et ses habitants regorgent de secrets et que personne n’est aussi blanc qu’il n’y parait. Une enquête qui va donc successivement faire apparaître plusieurs suspects potentiels jusqu’au retournement final où on se rend compte que l’auteur a habilement brouillé les pistes. Définitivement mon premier mais pas mon dernier Bernard Minier !

La Maison Russie – John le Carré

Dernière lecture en date, La Maison Russie, roman d’espionnage britannique de John le Carré : autant tout avouer directement, je n’ai pas du tout aimé ce livre et sa lecture fut plus que fastidieuse. Il m’aura fallu un mois pour en venir à bout, et la perspective de l’ouvrir pour avancer me lassait d’avance. J’avais beau y passer du temps, j’avais l’impression de tourner les pages à la vitesse d’un escargot. Si en soit l’histoire n’est pas passionnante mais pas non plus extraordinaire, je crois que c’est avant tout le style narratif qui m’a déplu. Pour résumer rapidement l’histoire, l’éditeur britanique Bartholomew Blairest envoyé en mission par les services secrets britanniques pour récupérer le manuscrit d’un auteur russe qui s’avère être un dissident et pacifiste. Au détour de cette mission, il fait la rencontre de Katya dont il s’éprend. Peu d’actions donc et beaucoup de blabla. Le style maintenant : tout ou presque est relaté sous forme d’interrogatoires. Blair se fait interroger par les services secrets britanniques et relate les faits déroulés. Peu d’émotions, peu de sentiments, peu d’action, le tout donnant un roman plat et lourd qu’il est pénible de lire. Dommage, j’attendais beaucoup de cette première lecture de John le Carré, et qui hélas m’a dissuadé de lire ses autres romans.

Sacrifices – Pierre Lemaitre

Troisième tome de la trilogie Verhoeven, Sacrifices est celui que j’ai le moins aimé. Il commence très fort avec le braquage d’une bijouterie, la victime qui s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment, qui n’est autre que la petite amie du commandant Verhoeven, l’enchaînement de l’action, bref, du lourd dès les premières pages. Malheureusement, l’action retombe vite et le rythme m’a semblé moins soutenu que d’habitude. L’enquête est axée sur retrouver l’auteur du braquage, et comme toujours avec Lemaitre, on a un rebondissement final qui balaye toutes nos théories. Sans dévoiler la fin, je l’ai trouvé un peu tirée par les cheveux et assez vite expédiée dans les explications données ce que j’ai trouvé assez dommage. Alors pour résumer, ça reste un bon thriller, mais il est légèrement décevant par rapport aux autres livres du même genre de l’auteur.

La vie devant soi – Romain Gary

Suite à la sortie du film du même nom sur Netflix et à sa visualisation, je me suis lancée dans la lecture de La vie devant soi de Romain Gary. C’est mon premier livre de l’auteur malgré sa renommée qui n’est plus à faire, et mon ressenti est globalement bon. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire à cause du style de l’écriture : c’est Momo, petit garçon de dix ans (quatorze en réalité) qui nous raconte sa vie aux côtés de Madame Rosa. On suit donc ses aventures qui au début sont assez décousues les unes des autres, même si au bout d’un moment on finit par remettre les choses en ordre, et que le récit finit par reprendre une tournure plus chronologique. Momo est un enfant qui a été confié bébé à Madame Rosa, une ancienne pute reconvertie en nounou. Elle accueille chez elle, aussi bien des enfants de l’assistance publique que des enfants d’autres putes qui n’ont d’autre choix que de les lui confier. Si certains enfants se font adoptés ou retournent auprès de leurs parents, Momo n’a pas cette chance. Au fil des années, un lien se créer entre lui et Madame Rosa. Madame Rosa qui ne va plus très bien. Madame Rosa qui est juive et qui a connu les camps de concentration. Madame Rosa qui n’arrive plus à monter les six étages à cause de son poids. Madame Rosa qui perd ses cheveux. Madame Rosa qui devient sénile, dont les organes lâchent et qui a de plus en plus d’absences. Madame Rosa qui ne veut pas être enfermée dans un hôpital pour y finir ses jours. Madame Rosa qui veut mourir naturellement plutôt que d’être gardée à l’état de légume. Madame Rosa qui fait promettre à Momo qu’ils ne l’emporteront pas. Momo qui la cachera dans son « trou juif » qu’est l’une des caves de l’immeuble aménagée par Madame Rosa des années avant au cas où Ils reviendraient la chercher.

J’ai trouvé le lien entre Momo et Madame Rosa assez fort : si elle a pris soin de lui toutes ses années sans jamais se substituer à une mère, c’est lui qui prendra soin d’elle lorsque sa santé commencera à décliner et s’en occupera comme d’une enfant. Confronté à des réalités d’adulte, Momo n’a pas vraiment d’enfance. L’écriture est assez brute et n’entraine pas au pathos même si la fin du livre a failli m’arracher une larme. Une bonne lecture donc.

Travail soigné – Pierre Lemaitre

Je viens d’achever la lecture de Travail soigné de Pierre Lemaitre. J’avais déjà eu l’occasion de découvrir le commandant Verhoeven en lisant Alex, ignorant à l’époque qu’il s’agissait de plusieurs romans. Pour palier mon retard, j’ai donc opté pour la lecture des premières aventures de Verhoeven et je n’ai pas été déçue. On entre directement dans l’enquête avec la découverte d’un double meurtre de prostituées coupées en deux et les corps meurtris de sévices inimaginables. La trace d’une emprunte permet de relier ce crime à un autre tout aussi sanglant commis quelques années plus tôt à Trembay. Rapidement, le commande Verhoeven comprend que le meurtrier met en scène des crimes de la littérature policière :  American Psycho pour le double meurtre, et Le Dahlia Noir pour le crime de Tremblay. L’équipe du commandant se lance alors dans la recherche de tous les crimes non résolus qui pourraient être liés à la littérature.

Un livre entraînant et une enquête dans laquelle on est immédiatement happé. Le tout est écrit de manière simple mais le suspense est bien dosé pour nous donner envie de poursuivre notre lecture. Une bonne lecture donc, et un roman qui se dévore en quelques soirées – enfin, chacun son rythme de lecture. Je recommande !

Dead Zone – Stephen King

Ça faisait un petit bout de temps que je n’avais pas lu du Stephen King, je me suis donc lancée dans Dead Zone, et hélas, j’ai été assez déçue de ma lecture. Pourtant, j’ai eu un énorme coup de cœur pour la version cinématographique de Cronenberg. Contrairement au film, le livre peine à trouver son rythme : durant tout le roman, je suis restée en attente du commencement de l’action sans que ça n’arrive jamais.

L’histoire est celle de John Smith, un professeur qui suite à un accident se retrouve dans le coma pendant 4 ans, et qui, à son réveil, est doté d’un pouvoir : il voit l’avenir en touchant les gens ou les objets. Septiques, les gens autour de lui doutent de ses prémonitions. La plus inquiétante de ses prémonitions survient lorsqu’il rencontre Greg Stillson, candidat à la Chambre des représentants, et lui serre la main. Il a alors une vision apocalyptique de l’avenir : Stillson devient président des Etats-Unis et s’apprête à déclencher la prochaine guerre mondiale. Apparaît alors un dilemme moral : la vie de millions de personnes vaut-elle la vie d’un seul homme ? Sera-t-il capable de tuer cet homme pour sauver l’humanité ? Peu à peu, l’idée d’empêcher Stillson de nuire devient une obsession pour John.

Comme énoncé précédemment, bien qu’il se passe des choses, on attend sans cesse que l’action commence réellement, que le fil conducteur ou le suspense se lance. A certains moments, l’action semble commencer, puis la tension redescend comme un soufflet pour enchaîner sur une nouvelle longueur. Pas un coup de cœur en somme, et même une petite déception car je m’attendais à être en haleine de A à Z. Le concept des prémonitions aurait pu être beaucoup mieux exploité selon moi. Après, ce ne fut pas non plus une lecture ennuyeuse, mais si vous n’avez jamais lu du Stephen King, ne commencez pas par ce roman.

Le lecteur de cadavres – Antonio Garrido

Quelle belle découverte que Le lecteur de cadavres ! Typiquement, il s’agit ici d’un livre que je n’aurais jamais découvert sans le club de lecture car les romans ayant attrait à la culture me font un peu peur. Heureusement, le style de l’auteur est très accessible, et on est rapidement plongé au cœur de la vie de Ci Song, un jeune homme modeste vivant au temps de la Chine impériale du XIIIe siècle. L’auteur, Antonio Garrido, est espagnol et a fait de nombreuses recherches pour donner à ce roman toute sa puissance et sa véracité historique. Si au début on peut avoir l’impression que l’histoire a du mal à se mettre en route, qu’on s’attarde longuement sur la vie personnel de Ci, on s’aperçoit plus tardivement que chaque étape était essentielle au bon déroulement de l’intrigue, car oui, ce roman est une intrigue policière.

Reprenons donc, nous rencontrons Ci qui est de retour dans son village natal avec l’ensemble de sa famille. Toute la famille est hébergée par son frère aîné, et Ci doit aider aux récoltes. Il se souvient avec nostalgie des temps peu lointain où sa famille vivait à Lin’an, et où il étudiait à l’université tout en travaillant comme assistant aux côtés du juge Feng à l’investigation de crimes et de litiges. C’est suite à la mort de son grand-père que son père avait décidé de quitter subitement son poste à l’administration de Lin’an, forçant sa famille à retourner au village.

C’est en travaillant à rizière de son frère que Ci découvre un cadavre. Dès lors, les choses vont s’accélérer et se gâter pour le jeune homme. Le juge Feng vient lui rendre visite, et accepte de l’aider à résoudre le crime. Malheureusement, pour Ci et sa famille, son frère est accusé coupable et avoue suite à de nombreuses tortures. Le basculement commence pour Ci. Peu de temps après, leur maison brûle et ses parents périssent. Seule sa jeune sœur malade survit. Sans argent, le jeune homme quitte la ville avec sa sœur sous le bras pour retourner à Lin’an. Sans le sous, il sera amené à faire des choix qui le conduiront à devenir fossoyeur dans « les champs de la mort ». Remarqué pour ses talents dans l’élucidation des causes de décès, il est accepté à l’Académie Ming. Assidu et acharné de travail, sa renommée l’amène à enquêter sur une série d’assassinats pour le compte de l’Empereur.

Comme déjà expliqué, l’enquête met du temps à se mettre en place, mais les choses s’accélèrent lors des 300 dernières pages du roman. L’intrigue est brillamment menée et on ne s’ennuie pas au long de notre lecture. Ayant hautement apprécié ce livre, je pense me laisser tenter par d’autres romans de cet auteur.

L’Alchimiste – Paulo Coelho

J’ai reçu L’Alchimiste de Paulo Coelho à Noël, accompagné d’une bonne critique de ce conte philosophique. Malheureusement, je n’ai pas adhéré à sa lecture. L’histoire est celle de Santiago, un berger andalou qui par à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Tout au long de sa quête, il rencontrera des personnes et vivra des événements qui le pousseront à écouter son cœur et à ne jamais renoncer à son rêve malgré l’adversité. Si l’histoire et le thème sont pourvus de bonnes intentions, je reproche à ce conte sa lenteur et l’absence d’identification au personnage principal. Tout au long de cette lecture, j’ai ressenti une forme de lenteur, comme si on avançait doucement le long de la quête. Idem, tous les personnages sont secondaires hormis Santiago, ce qui fait que le seul auquel on pourrait s’identifier, c’est ce berger, or le style de l’écriture fait qu’on a du mal à s’approprier ses émotions. En somme, cette lecture ne m’a pas transcendé même si le thème fait du bien en ces temps difficile : toujours suivre le chemin qui nous plait car seul nous avons la clé pour trouver notre bonheur.

Diamond Painting

Confinement oblige, il a fallu s’adapter et trouver de nouvelles activités à faire en intérieur pour s’occuper. Personnellement, je me suis tournée vers le Diamond Painting, une activité manuelle qui consiste à créer des tableaux en relief en collant des petits strass colorés sur une toile auto-adhésive. Une toile demande plusieurs heures de « travail » et de concentration, et aussi étonnant que cela puisse paraitre, aide à vous vider la tête. Pas mal donc pour vous relaxer après une journée de travail.