La vie devant soi – Romain Gary

Suite à la sortie du film du même nom sur Netflix et à sa visualisation, je me suis lancée dans la lecture de La vie devant soi de Romain Gary. C’est mon premier livre de l’auteur malgré sa renommée qui n’est plus à faire, et mon ressenti est globalement bon. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire à cause du style de l’écriture : c’est Momo, petit garçon de dix ans (quatorze en réalité) qui nous raconte sa vie aux côtés de Madame Rosa. On suit donc ses aventures qui au début sont assez décousues les unes des autres, même si au bout d’un moment on finit par remettre les choses en ordre, et que le récit finit par reprendre une tournure plus chronologique. Momo est un enfant qui a été confié bébé à Madame Rosa, une ancienne pute reconvertie en nounou. Elle accueille chez elle, aussi bien des enfants de l’assistance publique que des enfants d’autres putes qui n’ont d’autre choix que de les lui confier. Si certains enfants se font adoptés ou retournent auprès de leurs parents, Momo n’a pas cette chance. Au fil des années, un lien se créer entre lui et Madame Rosa. Madame Rosa qui ne va plus très bien. Madame Rosa qui est juive et qui a connu les camps de concentration. Madame Rosa qui n’arrive plus à monter les six étages à cause de son poids. Madame Rosa qui perd ses cheveux. Madame Rosa qui devient sénile, dont les organes lâchent et qui a de plus en plus d’absences. Madame Rosa qui ne veut pas être enfermée dans un hôpital pour y finir ses jours. Madame Rosa qui veut mourir naturellement plutôt que d’être gardée à l’état de légume. Madame Rosa qui fait promettre à Momo qu’ils ne l’emporteront pas. Momo qui la cachera dans son « trou juif » qu’est l’une des caves de l’immeuble aménagée par Madame Rosa des années avant au cas où Ils reviendraient la chercher.

J’ai trouvé le lien entre Momo et Madame Rosa assez fort : si elle a pris soin de lui toutes ses années sans jamais se substituer à une mère, c’est lui qui prendra soin d’elle lorsque sa santé commencera à décliner et s’en occupera comme d’une enfant. Confronté à des réalités d’adulte, Momo n’a pas vraiment d’enfance. L’écriture est assez brute et n’entraine pas au pathos même si la fin du livre a failli m’arracher une larme. Une bonne lecture donc.